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Plus de 3% de la population française est végétarienne, c’est-à-dire qu’elle ne mange pas d’aliment provenant d’origine animale. Les végétaliens, eux, ont un régime plus strict car ils ne consomment que des aliments issus du monde végétal – pas de miel, d’œufs ou de lait, par exemple. De plus en plus nombreux à s’engager contre la maltraitance des animaux, les vegans (ou « véganes » pour le terme francisé) poussent ce type de consommation à leur style de vie : habillement, cosmétiques ou loisirs respectueux des animaux. Peuvent-ils trouver un vin à leur goût ?

Mcdonalds l’a fait avec son sandwich veggie en Belgique, alors pourquoi pas la filière viticole en France ? Sans compter que végétaliens et vegans gagnent en influence dans l’hexagone. Ils ont un salon dédié « VeggieWorld » qui a rassemblé 7000 visiteurs à Paris au printemps 2017, et attend plus de visiteurs du 15 au 17 octobre prochain. Mais qu’en est-il des boissons ? Peut-on dire qu’un vin est végétarien ?

Des produits d’origine animale dans le vin

Bien que le vin provienne de la fermentation d’un fruit, il n’est pas forcément végétarien. Lors de son élaboration, des produits provenant d’animaux sont régulièrement utilisés. Ils entrent en action lors du collage, une étape qui vise à enlever les particules fines naturellement présentes dans les vins bruts, afin d’en améliorer la texture avant la filtration, et l’embouteillage. Les agents de collage qui agglomèrent ces résidus du vin brut sont souvent d’origine animales : la gélatine (issue de la peau et des os d’animaux ou de poisson), la caséine (protéine du lait), le blanc d’œuf, et pour les vins ultérieures à 1997, on utilisait même du sang. Il existe des alternatives minérales comme la bentonite (issuede l’argile) et végétales issues du blé, du pois ou du soja qui n’ont pas d’incidence sur la qualité organoleptique du vin.

Comment savoir ? Logo et réglementation

Depuis 2012, en France, les étiquettes de vin doivent mentionner la présence de lait ou d’œufs car certaines personnes y sont allergiques, mais pas de mention obligatoire pour les produits de collage d’origine animale. Jusqu’à fin 2017, il n’y avait pas de logo « Vegan » mais là encore, la réglementation a ses limites.

La certification végan: Après les Etats-Unis, l’Angleterre, la Suisse et l’Italie, le tout nouveau label végan « EVE » (Expertise Végane Europe) a été créé par le réseau VEGAN FRANCE, et se veut le plus exigeant d’Europe. Ce label garantit l’absence de substance animale ou de test sur les animaux lorsqu’il est apposé sur un produit. Cependant, la certification végan n’étant pas obligatoire, ni encadrée par la loi dans aucun pays, certains fabricants ont le droit de créer leur propre logo « VEGAN » afin de valoriser leurs marchandises. Cela reste légale, bien que peu étique, car le terme « vegan » n’est pas protégé par la loi. C’est alors aux consommateurs de se référer aux labels certifiés ou aux annuaires officiels ci-dessous.

Et pour les vignerons?Pour obtenir la conformité EVE VEGAN, le vin doit remplir les conditions suivantes :

– Aucun intrant d’origine animale dans le processus de fabrication.

– Aucune substance d’origine animale dans l’emballage (nature des adhésifs et colles).

– Produit et substances utilisées non testées sur les animaux.

– Interdiction de l’usage du PVPP (Polyvinylpyrrolidone) pour les vins, comme l’exige le label BIO.

Le véganisme est un mode de vie qui gagne la population française. La certification végan constitura un levier conséquent sur les ventes de vin en France dès 2018, selon Vegan France. Elle constitue déjà un atout à l’export, notamment aux Etats-Unis, où 13 millions d’habitants sont déjà vegans, en Angleterre et en Allemagne où les véganes représentent déjà 6% de la population.

La France veut rattraper son retard

Quels sites et annuaires webs ? La France est en retard par rapport à ses voisins mais l’engouement végane qui a explosé en 2016 a fait sortir de la toile quelques bonnes addresses !

Référence du web végane depuis 2013, VEGAN FRANCE a crée Vin-Végétalien.comafin de répertorier les vins et alcools français certifiés végétaliens/véganes. Au nombre de 12 actuellement, ils sont également identifiables sur le site meilleursvinsbio.comsur lequel vous pouvez passer directement commande.

La référence reste Barnivore.com, un site anglais qui propose de rechercher le nom d’une bière, d’un vin ou d’une liqueur parmi ses 34 494 marques enregistrées, et de vous indiquer si l’alcool (en vert sur l’image) est vegan  ou non (en rouge).

Quelle sont les alternatives ? Si votre caviste ne vend pas du vin vegan, préférez le vin naturel, ou le casher, pour les végétariens. Un vin bio n’exclut pas une clarification avec des composantes d’origine animales, au contraire du vin casher. Les vins naturels sont également une bonne alternative car ils ne sont ni collés, ni filtrés. Cependant, il n’y a pas de garantie sur l’emballage et les substances non testées sur les animaux, alors les véganes devront se renseigner auprès des vignerons ou commander en ligne.

Plus qu’une tendance, le véganisme s’installe comme un mode de vie en France, et certains vignerons ont déjà fait le pas, comme le château Dauzac (cru classé de l’appelation Margaux – Bordeaux) dès son millésime 2016 ou la coopérative de Buzet dans le bordelais encore, dès 2014. La certification végane ouvre certe de nouveaux marchés, mais elle traduit aussi un véritable engagement écologique dans les vignes et aux chais.

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