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À dix kilomètres d’altitude, le vin a un autre goût, ou du moins c’est ce que l’on ressent car l’altitude atrophie temporairement le palais. Cela n’empêche des milliers de passagers d’en déguster chaque jour depuis leur siège de cabine. Bien sûr, si l’on parle de bons vins français ou de champagne inclus dans votre billet, il y a des chances que vous ayez mis la main au porte monnaie lors de la réservation, et les compagnies aériennes savent que la qualité des boissons à bord motive le choix des clients les plus aisés. Winalist vous explique les enjeux du vin dans l’industrie aérienne.

Le vin, une image de marque pour les compagnies aériennes

e marché. Ce ne sont pas les passagers au budget limité qui surfent sur les comparateurs de vols, mais bien une clientèle aisée, qui va choisir sa compagnie aérienne selon des critères de confort. Les lignes aériennes attirent donc cette clientèle avec des produits d’appel de qualité, mais d’avantages les clients aisés que les plus riches. En effet, le marché clé pour commercialiser un joli lot de caisses ou pour cultiver une notoriété dans les aires, c’est la business class. Hommes, femmes d’affaires ou voyageurs aisés sont beaucoup plus nombreux que les passagers de la Première Classe, souvent réservée aux célébrités ou aux millionnaires. Pour les compagnies, c’est aussi une aubaine car elles réalisent généralement la moitié de leur marge sur la classe Affaire.

Jusqu’où les compagnies sont-elles prêtes à investir ? Sur les menus ou les campagnes de publicité, les fournisseurs de vins des compagnies sont mis en avant. A bord, le personnel est aussi entraîné et sélectionné. Par exemple, la maison Taittinger propose régulièrement des formations pour Singapore Airlines ou Quantas.  Japan Airlines va encore plus loin en sélectionnant son personnel au diplôme : ainsi, 30% de ses hôtesses sont sommelières ! Le jeu en vaut la chandelle et les compagnies investissent de plus en plus pour attirer les clients aisés. En chiffre, cela donne par exemple pour Asiana Airlines, 300 000 dollars pour la Première Classe et 1.8 million de dollars pour la classe Affaires, rien que dans le vin servi. Emirates elle, a investi 140 millions de dollars en 2015, dont 120 millions en France dans l’achat et le stockage de bouteilles notamment. Ces chiffres colossaux démontrent non seulement un marché aérien très concurrentiel mais également une opportunité, pour certaines compagnies, de promouvoir le patrimoine culturel de leur pays.

Un chauvinisme rentable.« La France est dans l’air » c’est le slogan d’Air France qui met un point d’honneur à offrir les meilleurs produits français – et pour cela, elle débourse environ 20 millions d’euros, le plus gros budget en vin annuel des compagnies aériennes. Elle s’offre aussi les services du chef Alain Ducasse qui sert sa propre cuvée de champagne, Alain Ducasse brut, aux clients de Première Classe. Au Portugal c’est la compagnie TAP qui a lancé son programme « TAP Wine Experience » pour devenir un ambassadeur médiatique « de goût des vins portugais à travers le monde »

Des investissements récompensés. Les magazines américain et anglais, Global Travelers et Business Travellers, destinés à une certaine élite de voyageurs, ont décidé de mettre en avant les compagnies qui servent les meilleurs vins en classe Business et First, et en même temps, de donner à ces compagnies un coup de pouce publicitaire légitime. Le « Wines on the Wing » américain a été décerné à Asiana Airlines cette année. Son vice président Ja-Joon Goo explique : « nous nous efforçons de fournir à nos passagers la meilleure qualité de vol et de confort, et cette philosophie se traduit dans les moindres détails tels que le vin que nous proposons ». La récompense « Cellars in the sky » est son pendant anglais et a primé en 2016, les compagnies de l’alliance OneWorld, en particulier Malaysia, Japan, American et Cathay Airlines.

Une vitrine de choix pour les domaines viticoles

Les vins ne sont pas simplement servis en avion mais les voyageurs peuvent retrouver les bouteilles au dutyfreede l’aéroport, dans les salons et les hôtels. Pour les maisons et les vignerons, c’est une opportunité d’obtenir un contrat de 3 ans et une notoriété beaucoup plus longue.

Quels vins ?Outre les vins français qui sont le produit d’appel incontournable, les offres varient selon les compagnies. Du mousseux anglais sur British Airways, des vins d’Australie, d’Italie ou de Nouvelle-Zélande pour Cathay, la compagnie d’Hong Kong. Au delà du type du vin, il y a aussi la quantité.

Emirates par exemple, stocke 3.8 millions de bouteilles venues du monde entier à Beaune (en Bourgogne), une sorte de Fort Knox du vin à proximité des ports méditerranéens et du nord de l’Europe. La quantité s’assure avec une relation longue durée entre la compagnie aérienne et les producteurs. « C’est un critère important, qui nous permet en plus de conserver du vin et de servir des millésimes plus anciens » selon Joost Heymeijer, vice-président d’Emirates. Et la maison Latour, partenaire d’Emirates, y voit son compte : « avec la hausse des prix, il nous faut une clientèle capable de vendre les vins plus chers. Emirates joue ce rôle très bien, en mêlant luxe et consommation » explique Louis-Fabrice Latour.

Et le Champagne dans tout ça ? Dans le ciel, le champagne demeure roi depuis les origines de l’aviation commerciale, mais la concurrence dans l’air est rude ! Les 25 plus grandes maisons et une quinzaine de challengers se disputent le marché. Les compagnies, même si elles regardent la renommée du breuvage, sont particulièrement attentives aux coûts. La plupart des maisons de champagne doivent ainsi concéder un pourcentage de remise selon les contrats, tout en sachant que le fait de voir sa marque servie en première classe lors d’un vol, reste une vitrine incomparable!

Cependant sur le marché, certaines maisons ont plus de pouvoir de négociation que d’autres, comme Laurent-Perrier, qui a fait signer un contrat d’exclusivité sur le champagne servi à bord de Japan Airlines.

 

Air France est l’une des seules compagnies à offrir du champagne en classe économique participant ainsi à la promotion du terroir de notre pays!

Nous espérons que le marché du vin en avion n’a plus de secret pour vous mais à Winalist, nous pensons que rien ne vaut une bonne dégustation au sol, dans les meilleures conditions atmosphériques et…budgétaires !

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