Haut

Le Beaujolais, ou bojo pour les intimes, c’est un vin dont tout le monde connaît le nom, un peu moins le goût, mais dont la plupart ignore souvent la gamme complète. Ce vin rouge, rarement blanc ou rosé, offre quelques-uns des meilleurs rapports prix/plaisir de France et souffre souvent par là d’une mauvaise image. Winalist lève les préjugés sur ce beau symbole français.

Faisons les présentations

Le Beaujolais, c’est un vignoble qui s’étend du sud de la Bourgogne (Mâcon) jusqu’à Lyon, sur une bonne quarantaine de kilomètres et sur 15 700 ha. Il partage le même cépage que le sud de la Bourgogne, à savoir, le gamay. Cette sorte de raisin couvre à 99% le vignoble beaujolais et confère des arômes fruités aux vins primeurs, et un très bon potentiel de garde pour les crus.

Il existe plusieurs sortes de Beaujolais : les AOC régionales, plutôt au sud, et les AOC communales, les crus, davantage au nord. Les Beaujolais primeurs, on ne les garde pas et sont dégustés très jeunes : on retrouve le Beaujolais nouveau et le Beaujolais-villages nouveau. Moins connus sont le Beaujolais gastronomique et les crus de garde : Brouilly, Chénas, Chiroubles, Côte de Brouilly, Fleurie, Juliénas, Morgon, Moulin-à-Vent, Régnié et Saint-Amour.

Le Beaujolais en chiffre, cela donne en moyenne, pour la production totale annuelle de Beaujolais :

Petite histoire du Beaujolais

En 1937, l’appellation « Beaujolais » est reconnue et les premières bouteilles s’exportent en 1985. Le boycotte des produits français, suite aux essais nucléaires, fait chuter les ventes de vin à l’étrangers, dès les années 1990, et les critiques sur la qualité des Beaujolais primeurs est un coup dur, face à l’arrivée des vins de l’hémisphère sud. Ces critiques ont même valu un procès des 56 syndicats viticoles du Beaujolais contre le mensuel Lyon Mag’ pour « dénigrement de produit » en 2003. La crise économique de 2008 touche durablement les vins les moins onéreux, et donc les Beaujolais. Une bouffée d’espoir souffle sur l’export, avec la figure de George Dubœuf en tête. Il semblerait que les étrangers apprécient davantage notre vin primeur et demandent de plus en plus de crus beaujolais. Dès 2015, des investisseurs de Bourgogne et du Rhône affluent en Beaujolais. Les volumes de Beaujolais nouveau mis sur le marché augmentent. Une nouvelle génération de vignerons s’installe, reprend les domaines sous l’égide de vins naturels, sans produits phytosanitaires.

Le Beaujolais nouveau, une opportunité à charge

C’est le plus connu des vins primeurs. Le Beaujolais est un vin de découverte, facile à apprécier pour les néophytes et depuis 1951, la région du beaujolais est autorisée à commercialiser son vin avant les autres. Il connaît un vrai engouement populaire et lorsque le Beaujolais nouveau se débouche, cela se fête en grande pompe ! Ainsi, chaque troisième jeudi de novembre, l’arrivée du Beaujolais nouveau est célébrée par des millions de personnes aux quatre coins de la planète !

Tous les ans à Beaujeu, par exemple, les touristes Français, Russes, Chinois, Brésiliens et Japonais se rassemblent à minuit sur la place de l’église, avec les locaux. Des flambeaux sont allumés dans les sarments de vignes, la fanfare rythme la soirée et lorsque que le speaker s’écrit « le Beaujolais nouveau est arrivé », c’est l’effervescence de verres de vin jeune offerts à la foule ! L’ouverture officielle des bouteilles de Beaujolais nouveau est alors lancée en France, quelques heures après Tokyo et avant New-York. Mais alors pourquoi ce garant médiatique d’une belle tradition française pose-t-il problème à certains ?

La relation entre le Beaujolais et le Beaujolais nouveau est comparable à celle d’un artiste, qui aurait percé avec une chanson à la rengaine entêtante qui cependant, lui colle à la peau tant et si bien qu’elle l’empêcherait de briller avec ses autres musiques, plus travaillées.

A l’époque où la quantité l’emportait sur la qualité, une levure était ajoutée au Beaujolais nouveau avec pour effet secondaire un goût de banane trop prononcé. Selon Mélina Condy, de l’inter Beaujolais, la levure n’est plus utilisée aujourd’hui, et même si les Beaujolais primeurs présentent une bien meilleure qualité, le stéréotype du vin de mauvaise qualité s’est installé. Une chance que le Beaujolais ne souffre pas de ce préjugé à l’étranger.

 Le Beaujolais à l’étranger

C’est un des vins français les plus connus, avec le Champagne et les vins de Bordeaux. Véritable star dans les pays asiatiques, c’est un produit de luxe aux États-Unis où il symbolise la culture française autant que la baguette. Pour les vignerons du Beaujolais, l’export représente en moyenne 40% des ventes. Même si les premières caisses envoyées furent essentiellement composées de Beaujolais nouveau, désormais les étrangers sont friands d’une gamme plus large, tout au long de l’année.

Le Beaujolais-villages nouveau 2014, de Jean-François Pâtissier, s’est retrouvé dans les pages des « Gouttes de Dieu », un manga japonais à succès !

Source Leprogrès.fr

A l’occasion de l’arrivée du Beaujolais nouveau en novembre, ou pendant le reste de l’année, Winalist vous conseille une petite balade à travers moulin-à-vent, chiroubles, juliénas et autres crus d’une appellation prodigue en vins de qualité à prix doux !

0

poste un commentaire